Alors que l’Assemblée nationale examine le projet de loi de finances pour 2026, nous nous inquiétons des orientations proposées par le gouvernement. Ce budget impose de nouvelles économies aux collectivités avec 5,3 milliards d’euros d’économies contre 2,2 milliards en 2025.
C’est un effort considérable et injuste. Rien n’est demandé aux entreprises les plus importantes de notre pays. Rien n’est demandé à leurs principaux actionnaires. Pire ! Ils bénéficient d’exonérations fiscales. Le ton est donné. Les personnes les plus aisées sont bel et bien protégées.
Nous refusons ces choix politiques qui mettent considérablement en difficulté les collectivités territoriales et en conséquence, les différentes associations qui accompagnent et qui contribuent à protéger les jeunes et les familles les plus fragiles.
Budget 2026 : un choix politique aux effets inéquitables
Alors que les collectivités locales sont fortement mises à contribution, aucune mesure comparable n’est demandée aux grandes entreprises ni à leurs principaux actionnaires, qui continuent de bénéficier d’avantages fiscaux.
Le budget 2026 acte ainsi une répartition inégale de l’effort national, préservant les plus aisés au détriment des services publics de proximité.
Jeunesse et prévention spécialisée : les premières victimes des restrictions
CANAL, l’association que nous représentons et qui porte un service de prévention spécialisée important, intervient sur la commune nouvelle de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine et suit plus de 1 600 jeunes. De la remobilisation scolaire à l’organisation de séjours éducatifs ou à l’accompagnement dans l’insertion du monde du travail, ce sont près de 40 éducateurs et éducatrices qui constituent des piliers essentiels dans leur construction et leur épanouissement.
Moins de prévention conduit inévitablement à davantage de ruptures sociales et scolaires, plus de décrochages, plus de tensions entre les jeunes. A terme, c’est un risque de rompre encore plus la cohésion sociale sans cesse fragilisée.
Réduire les moyens de la prévention : un risque majeur pour la cohésion sociale
Moins de moyens dédiés à la prévention entraîne inévitablement :
- davantage de ruptures dans les parcours,
- une hausse du décrochage scolaire,
- des tensions accrues entre les jeunes,
- un affaiblissement durable du lien social.
Le budget 2026, en l’état, accentue les fractures territoriales et fragilise encore plus les familles déjà vulnérables. Nous condamnons ces orientations terriblement injustes.
Sur le terrain, dans nos quartiers, les conséquences sont dramatiques.
Budget 2026 : l’occasion de replacer la jeunesse au centre du débat
Notre responsabilité est collective.
Le budget 2026 devrait être l’occasion, au contraire, de reconnaître pleinement la prévention spécialisée comme une politique publique essentielle, et non comme une variable d’ajustement financier.
Nos équipes œuvrent chaque jour pour une société plus juste, plus mixte, plus apaisée. Une société où la diversité devient une richesse, et non un obstacle. Prévenir c’est croire dans la capacité de chacune et chacun à trouver sa place et à contribuer positivement à la société.
Prévenir, c’est protéger.
La justice sociale ne se décrète pas : elle se construit.

Elise-Boscherel DENIZ
Présidente de l’association Canal